Définition, échéances et solutions pour sortir des classes F et G.
Une passoire thermique est un logement très énergivore, dont la performance énergétique est si mauvaise qu'il consomme une quantité disproportionnée d'énergie pour le chauffage, l'eau chaude ou la climatisation. En France, la définition officielle repose sur le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) : sont considérés comme passoires thermiques les logements classés F ou G.
Concrètement, ces logements consomment plus de 330 kWhEP/m²/an en énergie primaire, ou émettent plus de 70 kgCO2/m²/an. À titre de comparaison, un logement classé A consomme moins de 70 kWhEP/m²/an, soit cinq fois moins.
La France compte environ 5 millions de passoires thermiques, soit près de 17% du parc résidentiel. Au-delà du confort et du budget énergétique des occupants, le législateur a fixé un calendrier strict d'interdiction progressive de la location :
| Date | Interdiction |
|---|---|
| 1er janvier 2023 | Logements G+ (consommation > 450 kWhEP/m²/an) interdits à la location |
| 1er janvier 2025 | Tous les logements classés G interdits à la location |
| 1er janvier 2028 | Tous les logements classés F interdits à la location |
| 1er janvier 2034 | Tous les logements classés E interdits à la location |
Pour les ventes, le DPE reste obligatoire mais sans interdiction. En revanche, un audit énergétique est aujourd'hui obligatoire à la vente d'un logement classé E, F ou G en monopropriété. Cette obligation sera étendue aux logements classés D à partir du 1er janvier 2034.
Trois pistes :
L'objectif typique est de passer de F ou G à au moins E, voire D. Cela suppose en général une rénovation globale ou un bouquet de travaux ciblés.
Souvent le poste à plus fort impact. Dans l'ordre habituel d'efficacité :
Remplacer une chaudière au fioul ou un convecteur électrique par une pompe à chaleur ou une chaudière biomasse (granulés) divise souvent la consommation par 2 à 4 et améliore aussi l'étiquette climat.
Une VMC double-flux ou hygroréglable bien installée permet de récupérer une partie de l'énergie de l'air extrait, tout en garantissant la qualité de l'air intérieur.
Un chauffe-eau thermodynamique ou solaire réduit fortement la consommation d'ECS, qui représente typiquement 15 à 25% du DPE.
Plusieurs dispositifs publics et privés peuvent couvrir une part significative du coût des travaux :
Ces dispositifs évoluent régulièrement. Pour un état à jour et des conseils gratuits, l'interlocuteur de référence est France Rénov'.
Oui jusqu'au 31 décembre 2027. À partir du 1er janvier 2028, la location de logements F sera interdite. Si vous renouvelez un bail entre-temps, le locataire sera protégé jusqu'à la fin du bail courant.
Statistiquement oui : la décote varie de 5 à 15% selon les régions, voire plus dans les zones tendues. Avec les nouvelles obligations, l'écart de prix tend à se creuser entre logements performants et passoires.
Pour passer de G à D ou E, il faut prévoir entre 15 000 € et 50 000 € de travaux selon la surface et l'état de départ, hors aides. Les dispositifs publics cumulés peuvent couvrir une part significative du coût selon les revenus du foyer (consultez France Rénov' pour les conditions à jour).
Bien sûr — c'est même tout l'intérêt. Refaire un DPE après travaux permet d'attester la nouvelle classe, ce qui est obligatoire pour la location. Avant d'engager les travaux, simuler leur impact avec DPE3CL permet de prioriser les actions à fort impact.
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